Guy Montis

Dans la galerie de tableaux de Guy Montis : La tête des Autres

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Guy Montis a signé le portrait des vedettes et des personnalités de Paris.

Chacun de ses tableaux a son histoire, son décor. En somme comme Marcel Aymé, le peintre s’est payé la tête des autres. Ici,les autres sont ravis, enchantés. Ils ne demandent qu’à recommancer.

De son itinéraire pictural, Guy Montis a certes rapporté des anecdotes. Il n’y a que de chez Serge Lifar qu’il revenu bredouille. Le célèbre danseur doit être heureux puisqu’il n’a pas d’histoire.

Visitez, vous aussi, l’expositiondu peintre de Maussane comme vous aurriez pu le faire à l’Hôtel de ville d’Arles.

Vous n’aurez que l’interminable route de la Craux à imaginer.

Robert Lamoureux :

C’est en visitant l’exposition " d’un petit village nommé Maussane" qu’il decouvrit la peinture de Guy Montis. Enthousiasmé, il devint le premier acheteur en acquérant la toile : "La rencontre entre deux paysans". Son enchantement l’incita à vouloir bien davantage encore.

_Venez à la maison, dit-il au peintre, je voudrais que vous fassiez mon portrait. C’est ainsi que le surlendemain guy Montis alla à Maisons-Lafitte frapper à la porte de la famille Lamoureux.

Il commença le portrait de papa et inévitablement celui de maman suivit. Alors, le petit Jean-Louis se mit à brailler de désespoir. De fil en aiguille Guy Montis s’offrit la tête de toute la famille !

Robert Lamoureux, qui écrit ses chansons, rêve d’écrire un scénatio et de réaliser un film, a décidé de faire un bout d’essai dans la peinture. Il a demandé à Guy Montis d’accepter, à titre de réciprocité, de poser pour lui.

_Chose inhabituelle, a-t-il dit, souriez, même si je vous abîme le portrait...

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Philippe Clay :

Sa rencontre avec le filiforme Philippe Clay, le peintre la doit à son vieil ami Henri Guisol.

Philippe-le-taciturne accepta sans trop rechigner, de poser.

_Comme il ne voulait pas demeuer figé durant des heures, raconte Guy Montis, il se plaça devant le poste récepteur de la télévision pour suivre le match France-Pays de Galles.

Le portrait de Philippe Clay réclama un après-midi de travail, au cours duquel on parla beaucoup peintures et chansons.

Comme Philippe Clay ne connaissait pas Francis Lemarque, le peintre proposa de le lui présenter. Le lendemain, le chanteur et le compositeur se rencontaient son l’oeil complice de Guy Montis.

Résultat : Philippe Clay créera à la rentrée une chanson de Lemarque : "Le Cheminot".

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Nöel-Nöel :

Invité au banquet des chansonniers et dessinateurs humoristiques, Guy Montis devait y faire connaissance de son voisin de table : Nöel-Nöel. C’est entre la poire et le fromage que ce dernier joua sa t^te...Le lendemain même, Guy Montis arrivait à Auteuilpour portraiturer Adémaï.

_Faites vite, dit l’artiste, je ne dispose que de trois heures.

Ce fut une course contre la montre : le portrait s’acheva dans le délai prescrit.

_Quel oeil étrange m’avez vous fait, reprocha Nöel-Nöel. Aussi quelle idée de peindre à cette allure...N’avions nous pas tout le temps ? C’est à dire que Guy Montis a conquis Nöel-Nöel : rendez-vous fut pris pour une composition sur Adémaï.

Sachant que Michel Simon allait être également portraituré, Nöel-Nöel a rappelé cette anecdote :

_Il y a quelques années nous tournions, Michel et moi, dans les mêmes studios de Joinville mais sur des plateaux différents. Nous nous retrouvions à l’heure des repas à la même table, au restaurant, ayant une passion commune pour ... les médicaments. Notre table était toujours encombrée de fioles et de tubes...Un jour, Michel m’apprit qu’il avait découvert d’étonnantes pilules pour la mémoire.

Elles sont d’une éfficacité extraordinaire !

Je dressai l’oreille, Dame, j’étais comédien...

_Et comment s’appellent ces pillules ? demandais—je.

_Attends..., attends..., hésita Michel Simon, le... la....

Il me lança un regard désespéré :

_Il fallait bien arroser ça, dit l’artiste en riant.

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Michel Simon :

Il a Paris pour demeure. Un jour il vous reçoit dans son appartement, puis une autre fois dans un quelconque Hôtel des quais de la Seine. Ce fut le cas pour Guy Montis.

Au bout d’un moment Michel Simon trouva qu’on étouffait.

_Pourquoi n’irions-nous pas faire ce portrait du côté du Cirque d’Hiver ?

Ainsi le célèbre artiste posa, ayant à ses côtés "Lola", guenon appartemant à Jean Richard.

Lola estinant, sans doute, que Michel Simon faisait un peu trop le singe, grimpa brusquement au sommet d’une porte et imitant le mannekin-piss, se mit à asperger copieusement le portrait de Clo-Vlo.

_Il fallait bien arroser ça , dit-il en riant.

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Marcel Achard :

Ce fut le portrait qui demanda à Guy Montis le plus de patience.

_Comme je n’ai vraiment pas de temps à vous accorder, venez chez moi et vous peindrez sans pour autant que je m’arrête de travailler, avait prévenu Marcel Achard.

C’était peut-être une gageure : le peintre de Maussane ne la refusa pas.

A son bureau, Marcel Achard travaillait à un scénario. Mais pendant ce temps le téléphone ne cessait de grelotter. Un ami, un metteur en scène, un artiste, un éditeur surgissait au bout du fil...

Imperturbable, Guy Montis poursuivait son oeuvre.

Ce portrait déçut toutefois quelque peu Mme Achard.

_Pourquoi lui avez vous fait un double menton ? demanda t-elle.

_ Ce n’est pas moi qui en suis responsable , répondit Guy Montis. Ce sont les ans...

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Paul Fort :

Le prince des poètes a posé à une seule condition : que rien ne soit changé à ses habitudes... Parcequ’il a une peur bleue des courants d’air, il n’ouvre jamais les fenêtres de son appartement, capharnaüm de la rue Gay-Lussac, dans le quarier Latin.

Malgré la chaleur de l’été, il refusa même de se séparer de son cache-nez et de son béret basque.

Le Prince des Poètes n’est pas bavard. Tandis que le pinceau de Guy Montis saisissait son visage d’homme, lui, fixait ses rêves.

Le plus fidèle habitué de la maison est un gorille bon comme le bon pain, bon comme la romaine : Georges Brassens.

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Mouloudji :

Il y a de bien longues années que le peintre et Mouloudji se connaissent.

_ C’était avant la guerre et j’avais pour ami Marcel Mouloudji qui jouait alors dans la troupe de Barsac au théâtre des Quatre-Saisons. Marcel était le frère ainé de celui qui devait devenir vedette du music-hall. Mouloudji avait quinze ans à l’époque et je le revois, dans les coulisses, attentivement absorbé par la lecture des aventures de "Nick Carter, détective".

Le peintre et son modèle n’ont pas manqué d’évoquer ces souvenoirs. Hélas ! Marcel Mouloudji est mort et n’a pas eu la joie de suivre l’étonnante carrière de son jeune frère.

_Mouloudji m’a affirmé que c’est à la peinture qu’il devait ses meilleures joies, parce que seule elle ouvre le dialogue à la fois avec le coeur et les yeux.

Le chanteur raconte qu’un jour ayant installé son chevalet dans les environs de Paris, deux jeunes filles s’approchèrent de lui.

_ On ne vous à jamais dit que vous ressembliez à Mouloudji ? Si vous n’étiez pas en train de peindre, nous aurions parié que vous étiez le chanteur.

A la rentrée Mouloudji et Guy Montis se retrouveront pour unr nouvelle séance de travail. Cette fois ils se "portraituront" mutuellement.

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Francis Carco :

« Je n’ai qu’un après-midi de liberté cette semaine, mais je vous l’accordee bien volontiers. A demain donc... »

En raccrochant l’écouteur du téléphone, Guy Montis poussa un soupir de soulagement : il venait de convaincre Francis Carco.

_ L’écrivain qui ne sort plus guère de chez lui -si ce n’est pour les réunions des Goncourt- me reçut dans son appartement de l’île Saint-Louis. Plus que dans son appartement, j’ai pénétré dans un oetit musée d’art moderne qui réunit les oeuvres de Denoyer de Segonzac, Utrillo, Valadon, Matisse. Mon pinceau à la main, je me sentais écrasé par cette importante beauté picturale.

Francis Carco possède toute une collection de ses portraits. Il n’a pourtant pas le souci de battre le record de Suzy Solidor qui a demandé à Guy Montis de faire son 151ème portrait.

_Ma plus grande satisfaction, je l’ai puisée avec Francis Carco, souligne le peintre. Sans lui, pouvais-je parler des visages de Paris ?

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Françoise Rosay :

A deux pas de la Tour Eiffel -rue de l’Université- Françoise Rosay mène la vie la plus calme du monde, dans le souvenir de son mariJacques Feyder et des gens du voyage.

Elle a réservé quatre heures au peintre.

_Françoise Rosay évita durant tout ce temps de me parler de son métier, mais par contre s’intéressa beaucoup au mien. Elle me fit remarquer : "Ce qu’il y a de commun entre le peintre et l’acteur, c’est la nécéssité d’émouvoir son public."

Et plus tard, en regardant son portrait, elle ajouta :

_ Aujourd’hui, je suis du côté du public et votre peinture m’émeut profondément.

Quel peintre pourrait souhaiter plus émouvante critique ?

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Le mime Marceau :

Guy Montis suivit tout le spectacle présenté au théâtre de l’Ambigu par la Compagnie du Mime Marceau. Ce n’est qu’après qu’il alla demander au mime de lui accorder quelques haures.

_Les séances eurent lieu dans le foyer du théâtre. J’avais en face de moi le même personnage que sur la scène. Un personnage lunaire : les pieds sur terre et la tête au ciel. Marceau ne cessait de parler comme pour se rattraper du silence de son spectacle. Il est le seul à n’avoir pu m’accorder plus d’une demi-heure derang. Il ma fallut un mois pour terminer ma composition.

Le mime Marceau qui a "révolutionné" l’Amérique, a annoncé que pour la première fois sa compagnie viendrait à Marseille d’ici la fin de l’année.

_J’espère que je plairai à ce public, a-t-il déclaré. Le Marseillais n’est-il pas un mime par excellence ?.

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01 - Guy Montis ramène...

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